Une
note. Un pas. Une femme qui s'avance.
Portée par la musique elle franchit le pas.
D'où elle vient, où elle va,
sont des phrases en suspens.
Elle se pose.
Dans ce café de passage et de solitudes,
pas à pas ses désirs, ses doutes,
ses folies prennent corps.
L'instant d'une pensée triste,
elle danse un tango solitaire
où l'autre est prétexte, envie...support.
Puis la folie s'emballe, le coeur s'accélère, on
franchit un pallier,
on décolle de l'intérieur...
...et le violon se fait orchestre.
Le
Propos
Une femme s'invite
à la table d'un café.
D'elle, on sait peu : quelques objets dans une valise, et ce sentiment
profond de
solitude, sans commencement ni fin.
Elle s'invente des histoires et, sous ses doigts, sous son regard,
les objets prennent vie et inventent l'homme, le compagnon, le
temps d'une rencontre, d'une danse.
Mais la femme est friable, son rêve se décompose
et se recompose sans cesse.
Entre illusion et réalité, elle nous mène
au seuil de sa folie, avec un naturel et une facilité
déconcertants.
D'elle, irradie l'énergie de la quête, tantôt
douce tantôt douloureuse, vibrante ... terrible
parfois.
Une énergie qui grimpe par paliers, nous emporte et nous
fait voyager quelque part, à l'intérieur de nous
mêmes.
Hélène
Doussot
Photos by Joris
Hol pendant Chalon dans la Rue, en2008.
Extraits musicaux
Le
musicien :
Il est présent en tant qu'âme du lieu, peut être
accoudé au comptoir, jouant les pensées qui s'échappent
de la jeune femme ou peut-être les lui insufflant. C'est
aussi par le biais de sa musique qu'il la ramène face à
la réalité : seule à la table du café.
Le lieu :
Une gare est un endroit de transit, un lieu entre parenthèses
qui n'a d'existence que par la provenance et la destination du
voyageur. Un lieu ou l'on se projette dans le passé ou
le futur mais qui n'a pas de présent.
C'est un lieu qui n'existe pas.
Le café est le lieu de convivialité par excellence
et de par ce fait devient un lieu de solitude absolue lorsque
personne ne nous y accompagne.